Direction de l’Agriculture et du Développement Rural

Aperçu sur le programme de renforcement de la gouvernance vétérinaire en Afrique (VET-GOV) : Acquis et perpectives

Le programme de renforcement de la gouvernance vétérinaire en Afrique (VET-GOV) a été lancé le 16 janvier 2012 à Nairobi au Kenya. La cohérence d’ensemble du programme relève de l’Union Africaine qui, pour des raisons opérationnelles a confié sa mise en œuvre au Bureau Interafricain des Ressources Animales (BIRA). Le BIRA travaille en étroite partenariat avec les Communautés Économiques Régionales (CERs) pour une meilleure insertion du programme dans les politiques publiques agricoles nationales et régionales, notamment le processus ECOWAP/PDDAA pour ce qui concerne l’espace CEDEAO. Dans ce cadre, le BIRA a mis en place dans les CERs des coordinations régionales dont les fonctions consistent à coordonner les activités du Programme dans les États membres et également se charge de la coordination générale et de la cohérence des interventions à l’échelle continentale en s’appuyant sur les CERs en conformité avec le mandat de la Commission de l’Union Africaine (CUA) qui est entre autres le renforcement des capacités des CERs sans se substituer à elles

Objectif stratégique du programme VET-GOV

L’objectif stratégique du programme est le renforcement institutionnel des services vétérinaires en vue de (i) la mise en place de services vétérinaires adéquats au niveau national (ii) du renforcement des institutions régionales afin qu’elles jouent leur rôle de coordination, d’harmonisation, d’intégration et d’appui vis-à-vis des États membres dans le but de créer un environnement plus favorable aux investissements public et privé dans le secteur de l’élevage. Le programme vise principalement trois domaines :

  1. La création d’un environnement favorable au changement de manière participative à travers un plaidoyer basé sur des résultats et la création de connaissances.
  2. Le renforcement des capacités institutionnelles et individuelles en analyse, formulation et mise en œuvre de politiques en matière de renforcement institutionnel des services vétérinaires.
  3. L’encouragement du changement à travers des initiatives qui ont des effets de levier importants.

Les activités du programme VET-GOV

Pour atteindre ses objectifs, le programme s’est assigné trois domaines de résultats incluant les activités suivantes :
Résultat 1 : Connaissance et la prise de conscience pour rehausser le changement institutionnel :

  • Collecter et documenter des données pour supporter la création de la connaissance.
  • Entreprendre le plaidoyer basé sur les évidences.

Résultat 2 : Capacité institutionnelle rehaussée pour la formulation des politiques de l’élevage, les stratégies de santé animale et la législation vétérinaire.

  • Renforcer la capacité de formulation des politiques, stratégies et législation vétérinaire.
  • Renforcer la capacité pour une revue et un développement de la législation vétérinaire.
  • Fournir des conseils pour l’adoption des politiques, stratégies et législations et/ou leur révision, harmonisation et intégration ou soutien dans les processus nationaux

Résultat 3 : Capacité institutionnelle rehaussée pour la mise en œuvre des politiques et l’application des règlements.

  1. Rehausser la capacité de collecte de données en temps réel, l’analyse et le partage d’information sanitaire exacte.
  2. Fortifiez la prévention de la maladie et les mécanismes de contrôle au niveau national et régional.
  3. Facilitez la participation des pays africains dans la mise en place des standards de santé animale.
  4. Rehausser la capacité des CERs et pays à pouvoir évaluer l’acquisition des standards de l’OIE par les services vétérinaires. Ces résultats seront réalisés à travers la mise en œuvre de ces activités.

Mise en œuvre du programme VET-GOV

Une des plus importantes activités du programme est d’œuvrer à ce que les politiques de l’élevage, les stratégies de santé animale et législations soient revues et harmonisées. C’est pour cela le programme est en train de soutenir l’établissement et le fonctionnement des Plateformes Politiques de l’Élevage (PPE) aux niveaux national et régional suite au succès de ce concept mis en œuvre par l’Initiative des Politiques d’Élevage de l’Autorité Intergouvernementale pour le Développement (LPI-IGAD) en Afrique de l’Est. Cette initiative qui s’est révélée très efficace en faisant participer les acteurs des secteurs public, privé et des organisations de la société civile dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques, stratégies de transformations de l’élevage et la législation. C’est pourquoi, les PPE devront être liées aux équipes nationales et régionales du Programme Détaillé de Développement de l’Agriculture en Afrique (PDDAA). Ces équipes ayant en charge la mise en œuvre du compact PDDAA national. Dans cette dynamique, les PPE seront des cadres appropriés pour aider à la mise en œuvre des Programmes d’Investissement Agricole ((PRIA/PNIA) dans le cadre de la politique agricole régional (ECOWAP).

Les acquis du programme VET-GOV

A l’étape actuelle de la mise en œuvre du programme VET-GOV, les quinze (15) États membres qui constituent la CEDEAO ont chacun fait la synthèse de la documentation touchant les politiques, stratégies et législation du secteur de l’élevage. Cette synthèse ayant fait l’objet d’une analyse dans le but de dégager les tendances importantes dans chaque États membres afin d’apporter les correctifs nécessaires. Le programme a également permis aux quinze (15) États membres d’établir une PPE chacun dont six (6) ont déjà fait l’objet de lancement officiel marquant le début de leur fonctionnement. Le rôle de la CEDEAO à travers l’établissement et le lancement des PPE étant de s’assurer de la mise en lien entre celles-ci et l’équipe ECOWAP/PDDAA de chaque État afin de créer une synergie d’action dans la mise en œuvre du PRIA/PNIA. Le souci étant que le composant élevage souvent marginalisée soit davantage comprise et bien insérée dans les interventions publiques au regard de son importance dans la formation du Produit Intérieur Brut Agricole (PIBA) des États. A titre d’exemple, cette contribution est comprise entre 4% et 44%. Le Mali tient la tête de peloton avec 44%, le Niger 40%, le Burkina Faso 25% et le Sénégal 4%. Des progrès sont en cours dans les autres pays.

Perspectives

Tout en poursuivant le lancement des PPE dans les États membres, le programme se donne comme perspectives à court terme de mettre en place une plateforme politique régionale de l’élevage (PPRE) qui aura pour principale tâche de coordonner, d’harmoniser et de soutenir les PPE dans les États membres afin de les rendre plus efficientes.
Etant donné le penchant des organisations paysannes régionales pour l’agriculture, il est aussi nécessaire de clarifier d’avantage la place de l’élevage dans ces organisations afin de permettre un meilleur ciblage des interventions du programme. Ce besoin a conduit au recrutement d’un consultant pour évaluer les capacités des organisations paysannes régionales en matière d’élevage.
L’objectif de cette évaluation étant donc de créer une meilleure compréhension de la place de l’élevage dans ces organisations paysannes régionales, y compris la portée des questions abordées, la capacité et les dispositions internes mises en place pour faciliter l’engagement sur les questions d’élevage pour l’appui futur du programme.
Les objectifs spécifiques de cet exercice en cours sont les suivants :
1. Elaborer un profil des organisations paysannes régionales et décrire comment elles ont évolué au cours des 10 dernières années en termes de forme et de fonctions / services fournis ;
2. Comprendre la portée actuelle des travaux entrepris / questions abordées par les organisations paysannes régionales ;
3. Comprendre les mécanismes institutionnels et les dispositifs de gouvernance actuellement en place dans les organisations paysannes régionales pour soutenir les travaux liés à l’élevage, y compris les liens horizontaux et verticaux avec des organisations nationales et internationales ;
4. Comprendre les travaux (sociaux, économiques et politiques) actuels liés à l’élevage (par espèce / filière et thèmes) entrepris par les organisations paysannes régionales et les stratégies utilisées ;
5. Proposer des stratégies visant à accroître le rôle des organisations nationales et régionales d’éleveurs dans la gouvernance interne et les fonctions des organisations paysannes régionales ;
6. Identifier les besoins de renforcement des capacités nécessaires pour aider les organisations paysannes régionales à renforcer leurs activités de sensibilisation en faveur des questions liées à l’élevage, par exemple s’assurer que les objectifs de l’élevage sont inclus dans les programmes sur la croissance économique, la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté.

mercredi 25 juin 2014