Direction de l’Agriculture et du Développement Rural

Le Plan Régional d’Investissement Agricole

L’agriculture, une composante essentielle de l’économie ouest africaine.

Le secteur agricole demeure une composante déterminante des économies des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

Cette importance découle de sa forte contribution à l’alimentation des populations, à la création de la richesse globale, à la fourniture d’emplois et de revenus, mais provient aussi de sa part dans les exportations de la région.

En effet , le secteur agricole contribue globalement pour environ 35 % à la formation du Produit Intérieur Brut régional (allant jusqu’à 60% dans certains pays). Les exportations de produits agricoles représentent 15,3 % des exportations totales de biens et services de la région et s’élèvent à 30% si l’on exclut le Nigeria.

Le secteur agricole constitue le principal pourvoyeur d’emplois de la région ouest africaine. En effet, 60% des ouest africains vivent en milieu rural et tirent l’essentiel de leurs ressources des activités agricoles. Environ 65% des actifs de la région, dont plus de la moitié sont des femmes, travaillent dans le secteur agricole, essentiellement dans le domaine de la production et de la transformation artisanale.

Un potentiel agricole encore largement sous-exploité

Le secteur agricole ouest africain dispose encore de trois atouts insuffisamment exploités.

Le premier est constitué par une forte diversité des écosystèmes, source potentielle d’une diversification de la production permettant, non seulement d’exploiter au mieux les avantages comparatifs de la région, mais aussi de favoriser l’émergence d’un marché régional fondé sur les complémentarités écologiques.

Le second porte sur une grande disponibilité de surfaces agricoles cultivables : 284 millions d’hectares, y compris les jachères longues, dont seulement 60 millions sont actuellement mis en valeur, soit 24,6 % ou 2 ha par habitant rural. Il subsiste un potentiel de l’ordre de 1,6 ha par habitat rural. À ce potentiel de terre cultivable, s’ajoutent plus de 215 millions d’ha de pâturages, essentiellement localisés dans les zones sahéliennes et sahélo-soudaniennes et plus de 10 millions de terres irrigables - dont moins de 10% sont mises en valeur - souvent à des fins de production de riz et de légumes.

Enfin on peut mentionner l’importance du marché régional qui abrite près d’un quart de milliards de consommateurs dont une bonne partie de l’approvisionnement en certains produits vivriers est assurée à partir des importations du marché international.

Le plan d’actions quinquennal 2005-2010

L’amélioration de la productivité et de la compétitivité de l’agriculture Les accroissements de production qui sont intervenus au cours des 20 dernières années dans l’agriculture se sont opérés en tendance générale sur la base d’une augmentation des surfaces et à rendement quasi constant.

Dans le cas des céréales, l’augmentation des productions s’explique par le doublement des surfaces cultivées, alors que les rendements ne progressent que de 14%. Dans le cas des tubercules, la croissance des volumes produits s’explique par la multiplication par neuf des surfaces qui y sont consacrées. Les mêmes tendances s’observent pour la plupart des autres productions, notamment les cultures de rente.

Cette faible productivité moyenne recouvre des disparités qui ont révélé que certaines filières mises dans de meilleures conditions en termes de productivité et de compétitivité (accès aux technologies, au crédit et aux intrants, existence d’un marché solvable) sont capables de performances considérables (cas du maraîchage, des filières coton et riz au Mali, de l’élevage à cycle court au Burkina Faso...). Il faut aussi souligner la particularité des systèmes pastoraux d’élevage sahéliens, seuls capables de tirer profit des espaces arides.

Mais, d’une manière générale, plusieurs facteurs déterminent cette situation peu favorable, notamment la faible modernisation (liée à la faible rentabilité des équipements sur des surfaces réduites et à la faible disponibilité du crédit) des exploitations et l’insécurité des systèmes de production : pluviométrie et approvisionnement en eau des cultures aléatoire, faible fertilité des sols et régime foncier inadapté, difficile accès des producteurs aux services appropriés en termes de crédit d’intrants, d’innovations techniques, d’informations, de mécanismes d’assurances...

Quatre résultats sont recherchés à ce niveau :

  • Résultat 1 : les exploitations agricoles sont modernisées et sécurisées ;
  • Résultat 2 : les filières agroalimentaires sont promues ;
  • Résultat 3 : les ressources partagées sont gérées sur des bases concertées et durables ;
  • Résultat 4 : les crises alimentaires et les autres calamités sont anticipées et correctement gérées.

mercredi 21 mars 2012